Michelle Obama, esclave selon la presse espagnole ?

Michelle Obama, esclave selon la presse espagnole ?La couverture du magazine espagnol Fuera de Serie

Depuis quelques années déjà, Michelle Obama s’illustre en couverture de nombreuses couvertures de magazines à travers le monde. Mais le magazine espagnol Fuera de Serie aurait-il publié la couverture de trop ?

Largement diffusé en Espagne, le magazine Fuera de Serie a-t-il tenté de décroché la timbale médiatique ? C’est en tout cas un buzz bien négatif qui s’abat sur ce média espagnol aujourd’hui. En effet, ce dernier présente en couverture une Michelle Obama seins nus, en superposition d’un portrait d’esclave datant de 1800 sous le pinceau de Marie-Guillemine Benoiste.

Selon l’éditeur du magazine, cette représentation de la première dame des Etats-Unis vise à honorer Michelle Obama, celle qui a su conquérir le coeur du Président américain, d’abord, puis celui du peuple, ensuite. Mais difficile de se contenter de cette démonstration de bons sentiments face à une image qui renforce avant tout le ressentiment à l’égard du déni historique et juridique qui encadre encore aujourd’hui les questions sur l’esclavage et l’identité des femmes noires. Car sur ce portrait, Michelle Obama est privée de son identité, de ce qui fait d’elle un symbole fort. Elle est ici réduite aux chaînes, sans voix, assignée comme une esclave à un rôle d’une passivité absolue.

Michelle Obama, esclave selon la presse espagnole ?Le tableau original, oeuvre de Marie-Guillemine Benoiste

« Ce tableau ne rend pas hommage à l’émancipation » nous explique Clémence, étudiante en Histoire de l’art, « Il parle de la servitude des femmes ». Bien sûr, les historiens pourront rétorquer que Marie-Guillemine Benoiste était l’une des rares artistes féminines établies de son époque, et que sa peinture est donc, à sa façon, un symbole. Mais combien de lecteurs de Fuera de Serie auront cette connaissance des évènements et du contexte historique de cette oeuvre ? « Beaucoup ne verront que le premier degré : la première dame des Etats-Unis, petite-fille d’un esclave, dans une position de servitude qui la laisse offerte… » conclut Clémence.

Karine Percheron-Daniels, à l’origine de ce montage, ne veut pas aller vers la polémique. Elle a même déclaré qu’elle était certaine que Michelle Obama aura apprécié cette représentation. On a le droit d’en douter ?