Ma fille veut faire du foot, mon fils de la danse classique : C'est grave ?

Maman de championVous êtes étonnée : votre petit garçon vous demande de l’inscrire à des cours de danse, ou votre fille dans une équipe de foot. Vous ne savez pas quoi en penser ! Certes, ce n’est pas si courant, mais est-ce vraiment embêtant ?

Halte aux idées reçues
Votre réaction face à un petit garçon qui veut faire de la danse ou une fillette qui veut faire du foot, dépend de l’éducation que vous lui avez donnée. Si pour vous, les garçons doivent jouer aux voitures et les filles aux poupées, alors vous risquez d’être plus inquiète du choix de votre petit ! « Jusqu’à environ trois ans, les enfants ne s’intéressent quasiment pas au marquage sexuel des jouets : jouets dits de fille ou de garçon, roses ou bleus, peu importe. À la maternelle, ils vont vouloir commencer à s’identifier à ce qu’on leur a dit être une fille ou un garçon. ». Ainsi que le fait remarquer Marie Ouaki, psychologue clinicienne spécialiste des questions familiales, les enfants, en grandissant, intègrent les modèles et les croyances dans lesquels ils ont été élevés. Or, les temps changent et les codes aussi ! Les pères font plus le ménage ou la cuisine qu’autrefois et les mères travaillent et ne repassent pas obligatoirement… n’est-ce pas ?

C’est grave ?
Tout d’abord, la réponse est non ! Mais se demander pourquoi son enfant veut faire une activité qui, a priori, ne correspond pas à son sexe est légitime : « Une fille dans une famille de garçons qui font tous du foot avec papa peut avoir elle aussi envie d’en faire. Pourquoi serait-elle exclue d’une activité qui a l’air agréable et qui permet de passer des bons moments tous ensemble ? Au début de l’adolescence, le choix d’une activité qui a priori interpelle, voire choque le parent, peut également être une manière de faire passer un message : qu’on a grandi, qu’on souhaite désormais s’affranchir du modèle parental et s’affirmer dans ses choix singuliers et son identité propre », nous explique notre psychologue. En effet, si votre garçon s’est pris de passion pour la danse, pourquoi l’empêcher d’exercer une activité qui le rendrait heureux ? « Si son envie de danser a réussi à traverser toutes les couches de représentations contraires de la société, il faut l’encourager ! Il faut saluer ce désir qui vient véritablement de lui ! »

Si votre fils veut faire de la danse, cela veut-il dire qu’il sera un homme efféminé plus tard… ? Et une fille qui fait du foot sera-t-elle masculine ? « L’activité extra-scolaire n’aura pas d’incidence sur l’orientation sexuelle. Aujourd’hui tous les témoignages montrent que l’orientation sexuelle n’est ni le fruit d’un choix ni d’un conditionnement. » Ce n’est donc pas en empêchant votre enfant de faire une activité qui l’attire que vous changerez sa personnalité !

Le regard des autres
Vous n’avez pas envie que votre enfant soit la risée de toute l’école, et c’est compréhensible ! Souvent, le papa est plus inquiet que la maman…  « Être une fille ‘garçon manqué’ est moins dévalorisé par la société que le contraire, être une ‘fille manquée’.  En effet, la féminité est aujourd’hui associée à la fragilité, à la vulnérabilité voire à la faiblesse ; alors qu’une petite fille qui veut faire du foot peut renvoyer une image de force et de tempérament », nous dit Marie Ouaki. Il est certes plus courant de croiser des petites filles qui veulent faire du foot, que des petits garçons qui veulent faire de la danse classique. Et le développement des équipes de foot féminines n’y est pas pour rien. Mais pensez à Billy Elliot également ! « Les mentalités sont aussi en train de changer grâce aux œuvres artistiques ou culturelles. ». À l’âge où les filles trouvent les garçons brutaux et les garçons pensent que les filles « c’est nul et bête », choisir un sport de l’équipe ‘adverse’ peut être une façon de s’identifier à sa maman, sa sœur, son frère ou son papa.
On peut aussi avoir affaire à un petit garçon qui a déjà compris qu’en allant à un cours de danse il serait entouré de filles toutes centrées sur lui ! Et qui en est fier ! À l’adolescence, « le besoin d’appartenance à un groupe devient beaucoup plus important » ;  s’exclure ou s’éloigner de ce groupe en choisissant un sport qui semble ne pas correspondre peut inquiéter. « Cela dépend des ressources de l’enfant. En tout cas, la réponse se trouvera dans l’expérience. S’il se trouve que l’enfant vit très bien son activité qui le marginalise un peu c’est super, si au contraire, l’enfant souffre des commentaires alors il pourra arrêter et essayer autre chose. »

Pour conclure, ce qui compte, c’est l’épanouissement de votre enfant et son bien-être. Pour Marie Ouaki, le fin mot de l’histoire est que « s’il s’épanouit dans une activité, quelle qu’elle soit, sans souffrir du regard des autres alors la poursuivre est essentielle. »