Le blues d’une vendeuse après une journée de soldes

Le blues d’une vendeuse après une journée de soldes

Vous en rêviez, les voici : le mercredi 27 juin ont commencé les soldes d’été ! Aussi attendus par les clientes que craints par les vendeuses, les soldes vont dérouler le tapis rouge à vos euros : d’après une étude commandée par Sofinco, les Français dépenseront en moyenne 130 euros dans les magasins cette année ! Mais qu’en disent les vendeuses ?

Depuis 8 heures ce mercredi matin, Séverine est dans les starting-blocks : à 9 heures pétantes le grand rideau métallique s’ouvrira pour dévoiler des hordes de clientes pressées de faire de bonnes affaires. Le coup d’envoi de près d’un mois de course folle, durant lequel il faudra plier, déplier, replier, ranger, déranger, sortir, rentrer, déballer au même rythme que les clientes reproduiront ces mêmes actions. Sitôt le magasin ouvert, Séverine n’a plus une seconde à elle. Nous la retrouvons au terme de cette première journée de soldes, épuisée.

Cette première journée est terminée, comment vous sentez-vous ?

Fatiguée ! J’ai mal aux pieds, j’ai hâte de rentrer chez moi pour me détendre. J’ai l’habitude en étant dans le commerce depuis plusieurs années du brouhaha autour de moi, mais un jour comme aujourd’hui c’est vraiment particulier : il y a comme un bourdonnement permanent, c’est épuisant nerveusement.

Est-ce que vous vous préparez en amont pour pouvoir affronter ça ?

Et comment ! Si les soldes ont commencé ce matin pour les clients, ça fait déjà plusieurs semaines que nous les préparons. Déjà au niveau des stocks, puisqu’il faut tout organiser, et au niveau personnel aussi. J’ai fait une cure de vitamines pour être en forme, je ne peux pas me permettre de moments de faiblesse ou de tomber malade à cette période. Et puis j’ai dit à mon petit ami qu’il allait devoir s’occuper un peu plus de moi ces prochaines semaines, je vais vraiment avoir besoin de son soutien.

Qu’est ce que vous redoutez le plus ?

Le plus dur c’est de supporter l’énervement des gens. On pourrait croire que c’est un moment de détente pour les clients, après tout, ils font les magasins, trouvent des articles qu’ils désirent à petits prix, c’est plutôt agréable ! Mais non… La plupart sont stressés et désagréables. Ils en ont marre de la foule, marre d’attendre, marre des gens qui se marchent dessus… Cet après-midi j’ai dû calmer deux femmes qui se disputaient pour un tee-shirt, vous vous rendez compte ?  C’est difficile d’être constamment confrontée à cette énergie négative, surtout quand les clients pensent que s’en prendre à la vendeuse sert à quelque chose…

Après cette première journée, comment sentez-vous la suite des soldes ?

Il y a eu du monde aujourd’hui, je pense que les soldes auront une bonne fréquentation cette année. Je vais rentrer chez moi, manger rapidement quelque chose et me coucher, il faut que je sois en forme demain, car ça recommence. Le plus dur, c’est vraiment la première semaine, et puis viendra ensuite la deuxième démarque qui est l’autre moment fort des soldes.

Qu’est-ce que vous aimeriez dire aux clients ?

De se détendre ! Nous sommes là pour les aider, les guider, ça ne sert à rien de nous agresser parce qu’ils ne trouvent pas leur taille ou que la couleur qu’ils voulaient n’est plus disponible. L’année dernière, je me suis fait insultée par une dame qui ne trouvait pas la coupe de pantalon qu’elle était venue chercher : elle m’a dit que j’étais une incapable et que je ne méritais pas d’avoir ce job. Ça a été très dur, car je ne pense pas mériter ce genre de commentaires, je me donne à fond dans mon travail. Alors oui, si j’ai un truc à dire, c’est : n’oubliez pas qu’on est humains, nous aussi.

Rafaële Réal © Pampa Presse