Le blog de Gonzo

Pourquoi a-t-on inventé le tanga ?

Qui a eu l'idée un matin de créer le tanga ? Avait-il comme projet de tuer l'amour ? Aimait-il si peu les fesses qu'il a voulu s'en venger ? Était-il mal luné, avait-il un compte à régler ? J'aimerais comprendre.

Ce petit bout de tissu, entre le string (qui peut être tout à fait sexy) et le slip brésilien (qui est tout aussi validé par les hautes instances du bon goût), est à mi-chemin entre deux belles choses. Mais il ne tend vers rien, ne penche ni vers l'un, ni vers l'autre, il dénature tout par son manque d'ambition et son absence de prise de décision. Cette immondice, qui cache plus qu'il ne montre, ou qu'il ne montre plus qu'il ne cache, a en plus de son absence de fonction, la fâcheuse tendance à s'enrouler, à remonter, à ne jamais rester en place pour finalement devenir une culotte dépareillée ridicule et abjecte. Le tanga a dû être inventé par le diable lui-même afin de punir les fesses trop belles, ou niveler le niveau vers le bas. Ce sous-vêtement est une énigme pour les hommes. Il rend les choses sales, à la limite du poisseux, un tanga à l'horizon et on prend immédiatement la tangente.

Je suis un homme, je n'ai que très peu d'expériences personnelles en matière de strings, à part en porter pour amuser la galerie, mais ces rares minutes ne furent pas très agréables. Quitte à avoir une bande ou une ficelle entre les fesses — qui n'est pas ce qu'on fait de plus doux à porter — que ce soit au moins beau ou que ça mette quelque chose en valeur. Souffrir pour être belle, ça se comprend, souffrir pour être moche c'est du masochisme. Ce truc ne soutient rien (il a même tendance à resserrer les fesses vers le centre — ce qui est ridicule), il se contente d'être posé là comme un bouton au milieu du front.

Pour le bien-être de l'humanité, oublions ce bout de tissu, revenons aux principes de base du sous-vêtement : protéger, être une barrière à la pudeur et au froid, mettre en valeur (et exciter si possible). Difficile de lui trouver d'autres fonctions, seul le tanga y arrive et c'est là son unique performance : ne rien inclure et ne rien inventer.

Le néant érigé en condition, quelle tristesse.