Le blog de Gonzo

S’épiler n’est pas un crime

C'est un des plus gros poncifs du genre, le marronnier de la sexo, les filles (et les garçons) seraient soumis à la dictature du poil imposé par en vrac : les magazines, le porno (évidemment, élu bouc émissaire numéro un derrière les jeux vidéo et internet) et la publicité. On ne s'épilerait pas par envie ou par goût mais sur injonction de la société moderne. Laissez-moi rire doucement.

Les arguments avancés sont souvent les mêmes, on nous imposerait ce choix esthétique qui irait contre la nature de l'homme, en nous vendant la défense du poil contre le dogme (voire le lobby, n'ayons pas peur du ridicule) porno-mediatico-cosmotico-hygieniste. On va même jusqu'à avancer des fantasmes pédophiles non avoués pour justifier notre attirance pour les sexes lisses — soyons sérieux. La réalité est toujours plus simple que la prétendue analyse des savants du sexe qui doivent certainement faire l'amour mode d'emploi et kama-sutra en main.

Si l'on s'épile, filles comme garçons, c'est tout simplement pour que le sexe soit plus agréable et pratique. Un sexe bien épilé est comme un petit chaton qu'on a envie de câliner, personne ne nous impose rien, on s'impose nous même notre propre critère de qualité. Le poil a la fâcheuse tendance à se retrouver dans des territoires inappropriés pour sa nature, une bouche par exemple ; un désagrément qui n'arriverait pas en s'épilant. Pourquoi n'aurions-nous pas le droit à la douceur ? À l'esthétisme ? C'est changer notre nature que de s'enlever quelques poils pour plus de plaisir ?

Je doute que les filles s'épilent en voulant imiter une actrice porno (qui contrairement à ce que l'on croit, ne pratiquent pas toutes l'épilation intégrale — c'est mal connaître ce milieu), elles le font pour elle et pour leur compagnon. Pareil du côté des hommes, ils ne s'épilent pas pour tenter de coller à une pseudo vague de métrosexualisation mais plus pour respecter leur compagne et leur éviter de s'arrêter en plein acte pour enlever ces vilains poils de leur bouche, car c'est tout de même pénible, il est important de le rappeler.

Alors laissez-nous - prétendus profanateurs de la nature humaine - jouir en paix, du mieux qu'on peut, comme on l'entend et avec la pilosité que l'on préfère. Comment osent-ils pointer du doigt notre douceur ? Sont-ils devenus fous ?