Le blog de Gonzo

Les câlins ne disent rien

Les câlins sont-ils un problème ? Pas dans l'absolu évidemment mais après l'amour, non pas avec votre moitié, avec un(e) inconnu(e). La question se pose car il y a comme un quiproquo. Partir dans un rodéo sauvage pendant une heure ne signifie rien pour la plupart des gens, en revanche ponctuer cet affrontement par un câlin des plus affectueux et passer la nuit ensemble mettrait tous les voyants dans le rouge.

C'est assez antinomique, faire l'amour n'aurait pas de conséquence, et faire des câlins traduirait l'attachement, alors que la douceur est gratuite, elle ne signifie rien. Laissez-nous câliner comme on l'entend, il ne se passera rien de plus c'est promis. Qui a encore mis dans la tête de ces gens qu'être tendre c'était avouer ses faiblesses, ses sentiments ; c'est juste deux corps qui s'enlacent pour mieux dormir, où est le drame ?

Ils ne sont pas le bouton magique de l'amour. A moins que vous ne préfériez dormir dans un coin, sans se toucher : la distance froide et cruelle... Le sexe puis les câlins, c'est pourtant le chemin le plus logique pour deux êtres et il n'y aura pas pour autant un faire-part de mariage sur la table au réveil.

Ça rejoint la théorie selon laquelle il ne faudrait pas dormir chez son plan-cul ; pourquoi ? Quels sont les arguments ? On vient, on s'amuse et on devrait repartir seul dans la nuit ? Étonnante vision des rapports humains, nous ne sommes ni des objets, ni des services, on a des grands bras pour aimer, s'allonger et se reposer. Certains sont terrifiés par l'amour, comme s'il était binaire - avec ou sans - et que la palette des relations s'arrêtait à ce constat réducteur.

Le vrai problème devrait être l'absence de câlins : le rejet de l'autre, lui expliquer froidement que c'était naze, qu'il n'y aura pas de prochaine fois, d'espoir, de possible. Je serais vous je me méfierais quand l'autre partira compter les moutons plus loin, s'il serait pas en train de mijoter une sortie de lit plus matinale que prévue.

Faites-vous des câlins, plein, tout le temps, moquez-vous du lendemain.