Le blog de Gonzo

Datasexuels contre stalkers

Un nouveau terme est apparu cette année : le datasexuel, évolution digitale du métrosexuel, dont l'apparence numérique tendrait à le rendre sexy.

Le taux de pénétration de Facebook en France est particulièrement important (plus de 26 millions d'utilisateurs, soit plus de 60% des internautes) et la pratique du stalking, c'est-à-dire l'espionnage numérique (généralement d'ex ou à des fins de drague), est donc tout aussi élevé.

Si la pratique est courante et plus ou moins efficace selon le degré d'extimité (l'opposé d'intimité) des gens et de leur connaissance des paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux, elle se heurte à un problème croissant : la maîtrise de son image en ligne, donc aux datasexuels.

Face à cette maîtrise parfois experte, ou de la représentation que l'on décide d'adopter, voire carrément le personnage que l'on s'est créé, le stalker doit rivaliser d'ingéniosité pour déceler le faux du vrai ; tant et si bien qu'en 2012, le stalker tend à ressembler à un mentaliste. Il doit alors apprendre à désapprendre ses techniques, reprendre à l'envers et réfléchir par l'absurde.

Si une personne montre une trop bonne facette d'elle-même - surtout si elle est trop aguicheuse - il est fort à parier que la réalité prouvera le contraire. A l'inverse, derrière une personne introvertie ou discrète (numériquement parlant), peut se cacher une personne avec beaucoup d'extravagance ; et parfois tout ça se mélange et on est totalement perdu.

Internet est un jeu de dupes où notre représentation révèle tantôt de l'art, tantôt de l'escroquerie. Difficile de faire la part des choses quand on scénarise ou modélise son apparence. Combien de fois la réalité fut à mille lieux de ce qu'on avait imaginé ? Les datasexuels seraient-ils des escrocs numériques ?

Si peu de gens encore se revendiquent de ce terme, beaucoup l'adoptent sans le savoir. Connectés en permanence, soucieux de leur vie numérique jusqu'à la parano, ils se recréent une vie à travers internet, et sont ainsi la plaie des stalkers, plus habitués à espionner l'innocence des personnes que de déjouer leurs stratagèmes.

Sale temps sur les réseaux, plus on maîtrise son apparence numérique, plus on donne d'informations, plus on a l'impression de se livrer, moins on devient sincère.

Internet, ce nouveau théâtre.