T’es qui, toi, pour afficher ma vie sur Facebook ?

« Tu trouves pas qu'il y a un truc qui cloche là ? Nan, vraiment ? Ça te dérange pas de me tagguer sur Facebook sans me demander mon avis alors que je suis assis EN FACE de toi ? Tu supposes donc que j'ai envie que tous mes contacts Facebook sachent que je pars en week-end à tel endroit avec telles personnes ? C'est absurde. C'est comme s'il n'y avait plus rien de sacré, plus rien de privé. »

Autant vous dire que le week-end a bien commencé. Long week-end pluvieux qui plus est. Le genre de week-end où on a le temps de méditer, débattre et se tirer les cheveux sur des sujets qu'on aborde normalement pas parce que ben, pas le temps.

C'est donc parti comme ça : t'es qui, toi, pour afficher MA vie sur Facebook ?

T'es qui toi pour afficher ma vie sur Facebook ?

« C'est vrai ça, c'est quoi cette dictature du tag ? »

Certes, il y a une option bien cachée dans les settings Facebook où l'on peut choisir d'avoir un contrôle plus élargi sur ce qui apparaît sur notre mur ou pas. Enfin bon, premièrement, pour le trouver ce setting, il faut avoir le temps et s'intéresser un minimum au fonctionnement de Facebook, ce qui n'est pas le cas de la majorité des inscrits. Et deuxièmement, faire son control freak sur toutes les photos, tags de localisations et autres posts où l'on mentionne son nom, c'est lourd et ça fait grincheux 2.0.

« T'as qu'à supprimer ton compte, sale rabat-joie de l'Internet »

Bien envoyé. Sauf qu'à la base, quand on a signé pour avoir un compte Facebook et nous montrer sous notre meilleur jour, il n'y avait pas toutes ces options de voyeurisme poussées à l'extrême qui abattent les derniers murs entre notre vie privée et l'Internet. Au début, on voulait juste retrouver nos copains d'avant, montrer que notre vie était sérieusement cool et éventuellement, pécho. Depuis, les enjeux ont bien changés et nous, génération des Marc Zuckerberg, on a construit une vie virtuelle et on ne peut pas s'en séparer, juste comme ça. Alors on subit les tags qui révèlent au monde entier qu'on est le meilleur client du PMU au coin de la rue truc et de la rue machin, les photos où l'on voit nos pires défauts, les commentaires imbéciles, les stalkers pervers et les like mal placés. On est un peu hypocrites aussi. Parce que personne n'impose la torture Facebook à qui que ce soit.

Voici donc la leçon geek d'un long week-end de mai pluvieux : c'est légitime et assez sain de demander avec une pointe d'énervement dans la voix : « T'es qui, toi, pour afficher MA vie sur Facebook ? » mais aller plus loin serait assez hypocrite. Love it or hate it, mais laissez les geeks geeker en paix.