Girls, la série qui nous ressemble ?

Girls

Il y a polémique. Les filles de Girls et leurs vies divisent. Aux États-Unis, on dit qu'enfin voilà une série qui nous ressemble avec des filles normalement névrosées aux vies normalement dysfonctionnelles. Des filles d'une petite vingtaine d'années bien dans leur temps avec le même genre de problèmes, d'humour, de mecs (quoique ça visiblement, ça fait plutôt partie de la catégorie problèmes), de coloc', de kilos en trop, de jobs non rémunérés que leurs vraies voisines de Brooklyn, ou de Paris d'ailleurs. Quand Girls a atteint la France, on nous a parlé d'un Sex & the City de la vraie vie. Alors qui dit vrai ? J'ai tout regardé. Toute la saison 1 d'une traite.

Elles sont 4 girls, certes, mais elles n'ont aucun rapport avec Sex & the City. Ou alors un Sex & the City chez les hipsters, à Brooklyn. Ces filles-là, malheureusement, nous ressemblent beaucoup plus à nous qu'à Carrie & co.

Cela dit, comme dans Sex & The City, elles sont 4 caricatures qui n'en sont en fait pas. L'intello pas sûre d'elle, la misanthrope à l'esprit un peu trop libéré, la BCBG coincée qui s'est presque trompée d'univers et la bombe froide et rigide qui menace d'exploser à tout moment. Mais il n'y a pas qu'elles. Il y a aussi les quelques hommes qui les entourent et qui sont loin d'être à l'image stéréotypée qu'on leur donne d'habitude dans les séries de nanas. Ils sont traités avec beaucoup de justesse et sont aussi névrosés que leurs girlfriends. Un peu d'air frais qui fait du bien à la télé.

Girls

Ce qui est juste aussi dans Girls, c'est que l'on se rend compte avec Hannah, Jessa, Shoshanna et Marnie qu'il y a tant de possibilités dans la vie d'une jeune vingtenaire qui se construit. On se rend compte à quel point la vie est un challenge, à quel point on reste perplexes devant tant de choix, à quel point on peut y être hostile ou au contraire à quel point on peut porter si peu d'importance au monde qui nous entoure. Payer son loyer tous les mois, expérimenter la vie de bureau, être centré sur soi-même sans le savoir, avorter, se disputer avec sa plus vieille amie parce qu'on a tellement changé, se quitter, avoir des complexes injustifiés et souvent enfouis très profond, être sans le sou, s'accrocher à son fuck buddy névrosé mais attachant et vivre la relation qui en découle, intéressante, nuancée, bizarre, romantique.

Voilà, tout ça, les 4 filles de Girls ont réussi à le recréer dans leur univers, à leur façon. Une façon bancale, bordélique, drôle, pleine de bonne volonté, précaire, peu sure de soi, mal à l'aise mais tellement enthousiasmante. Girls, c'est la définition même de la jeunesse en fait. En plein dans le mille.